En France, c’est tout le secteur automobile qui est durement secoué par cette crise sanitaire et économique. En avril 2020, les ventes de véhicules ont plongé de 88 % sur le territoire français. On parle d’un choc de l’offre et de la demande, car les concessions automobiles sont fermées. Par conséquent, aucun client ne peut s’y rendre et la production est à l’arrêt depuis la dernière quinzaine du mois de mars 2020.

Maintenant, intéressons-nous au segment des véhicules électrifiés rechargeables. Le marché a aussi plongé avec une baisse de 67 % sur le mois d’avril 2020.

Ainsi, le secteur automobile, comme le tourisme et d’autres, va très certainement devoir être relancé par les pouvoirs publics. Chaque crise a ses opportunités, et celle du Covid-19 est très certainement l’occasion d’une relance verte tournée vers la transition énergétique et écologique. Voyons ça en détails.

Ce que l’on sait aujourd’hui

Les pouvoirs publics tentent de réagir au plus vite pour que cette sortie de crise soit des plus rapides et efficaces.

La Direction Générale de l’Énergie et du Climat a directement décidé de prolonger le bonus écologique 2019 (malgré des changements prévus pour mars 2020) pour tout véhicule électrique livré avant le 15 juin 2020.

Pour le plus long terme, le ministre de l’économie Bruno Le Maire semble l’avoir compris et serait en train de travailler sur une relance du secteur automobile principalement en incitant l’achat de véhicules propres et rechargeables.

Enfin, pour les consommateurs, malgré la baisse du carburant d’environ 20 centimes depuis le mois de Mars, il faut anticiper l’avenir car cette baisse n’est que passagère.

Quel avenir ?

C’est l’AVERE-France et d’autres grands acteurs économiques qui ont pris les devants et qui appellent à une relance axée sur la filière électrique. D’après l’AVERE, c’est une « Filière d’excellence et un axe majeur de la reconquête de la souveraineté technologique industrielle du pays, la mobilité électrique est à même de répondre aux enjeux économiques et écologiques auxquels nous faisons face ». Cette crise ne doit en aucun cas être un frein dans la transition énergétique entamée. Les investissements en R&D et en formation ne doivent pas cesser afin de ne pas réduire à néant le travail réalisé par les constructeurs européens ces dernières années.

Pour les entreprises

Avant la crise du COVID-19, la baisse des aides prévue pour les entreprises souhaitant passer leur flotte à l’électrique ne laissait rien présager de bon. En effet, la crainte de voir le Total Cost of Ownership (TCO) devenir moins intéressant que celui des véhicules thermiques était bien présente. La relance du secteur automobile qui pourrait (et devrait) intervenir après la crise serait une aubaine pour ces entreprises.

Dans son rapport, l’AVERE propose d’aider les entreprises à rétablir leur trésorerie via une fiscalité incitative : augmentation de l’amortissement des véhicules électriques acquis dans l’année suivant le confinement, exonération de la TVA pour les services de recharge électrique ou encore rétablissement du bonus écologique à 6.000 € pour les entreprises. Ce bonus était destiné à baisser jusqu’à disparaître en 2022.

Ces mesures viendraient encourager le passage aux flottes électriques et ainsi booster le segment électrique de l’industrie automobile.

Pour plus de détails, nous vous invitions à consulter l’article de l’AVERE-France en cliquant ICI.

Pour les particuliers

Une relance verte doit concerner tous les acteurs économiques. Les particuliers sont de plus en plus soucieux de l’avenir environnemental de la planète. C’est ce que montre la consultation lancée par WWF, la croix rouge et Meg.org, qui évoque la place de l’environnement et d’autres sujets pour l’idée du « monde d’après ».

Il semblerait que le gouvernement, et plus particulièrement, Bruno Le Maire planchent sur une relance en maintenant le bonus écologique et la prime à la conversion, mais aussi en ajustant la TVA selon la motorisation du véhicule. Ainsi, les véhicules électriques bénéficieraient logiquement d’une TVA avantageuse, contrairement aux véhicules thermiques. Le point de croisement du prix d’achat entre la courbe des véhicules électriques et celle des véhicules thermiques pourrait ainsi arriver plus rapidement que prévu.

Augmenter le nombre de bornes de recharge

Relancer le secteur automobile en relançant les véhicules électriques (VE) rechargeables, c’est bien. Accompagner cette relancer en augmentant le nombre de bornes de recharge, c’est mieux. L’un des enjeux du développement du parc automobile électrifié est en effet de faire corréler VE et bornes de recharge.

Il va avant tout falloir faciliter les démarches liées au droit à la prise en copropriété. Les démarches peuvent en effet sembler longues et donc décourageantes. Certaines personnes attendent l’aboutissement de leurs démarches depuis plus de 2 ans. Il va donc falloir identifier la source de ce problème afin de le régler au plus vite et d’encourager l’achat de VE pour les personnes en copropriété.

De plus, l’AVERE-France propose d’aider les territoires et opérateurs ayant investi les premiers dans des équipements de recharge. Le but est de moderniser leurs bornes afin qu’elles soient conformes aux dernières exigences réglementaires.

Relancer le secteur automobile en encourageant la transition énergétique et environnementale semble tout à fait logique et cohérent. Les zones d’ombres résident maintenant dans les actions qu’il va falloir prendre pour que cette relance soit des plus efficaces. La production (l’offre) a été stoppée pour éviter de créer des stocks et les agents économiques (la demande) souffrent des conséquences économiques de cette crise. Ainsi, l’offre ne devrait pas avoir trop de difficultés à repartir à condition d’encourager la demande. Dans l’espoir que les idées de Keynes viennent secourir et donner une nouvelle impulsion au secteur automobile.