Covid-19 : quel avenir pour le secteur automobile ?

juin 29, 2020 9:21 Publié par

En France, c’est tout le secteur automobile qui est durement secoué par cette crise sanitaire et économique. En avril 2020, les ventes de véhicules ont plongé de 88% sur le territoire français. On parle d’un choc d’offre et de demande car les concessions automobiles sont fermées, par conséquent aucun client ne peut s’y rendre et la production a été stoppé depuis la dernière quinzaine du mois de mars 2020.

Maintenant, intéressons-nous au segment des véhicules électrifiés rechargeables. Le marché a aussi plongé avec une baisse de 67% sur le mois d’avril 2020.

Ainsi, le secteur automobile, comme le tourisme et d’autres, va très certainement devoir être relancé par les pouvoirs publics. Chaque crise à ses opportunités, et celle du Covid-19 est très certainement l’opportunité d’une relance verte tournée vers la transition énergétique et écologique. Voyons ça en détails.

 

Ce que l’on sait aujourd’hui

Les pouvoirs publics tentent de réagir au plus vite pour que cette sortie de crise soit des plus rapides et efficaces.

Directement, la Direction Générale de l’Énergie et du Climat a décidé de prolonger le bonus écologique 2019(malgré des changements prévus pour mars 2020) pour tout véhicule électrique livré avant le 15 juin 2020.

Pour le plus long terme, le ministre de l’économie Bruno Le Maire semble l’avoir compris et serait en train de travailler sur une relance du secteur automobile principalement en incitant l’achat de véhicules propres et rechargeables.

Enfin, pour les consommateurs, malgré la baisse du carburant d’environ 20 centimes depuis le mois de Mars, il faut anticiper l’avenir car cette baisse n’est que passagère.

 

Quel avenir ?

C’est l’AVERE-France et d’autres grands acteurs économiques qui ont pris les devants et qui appellent à une relance axée sur la filière électrique car c’est une « Filière d’excellence et un axe majeur de la reconquête de la souveraineté technologique industrielle du pays, la mobilité électrique est à même de répondre aux enjeux économiques et écologiques auxquels nous faisons face » (d’après AVERE France). Cette crise ne doit en aucun cas être un frein dans la transition énergétique entamée. Les investissements en R&D ne doivent pas cesser, ni ceux en formation afin de ne pas réduire à poussière le travail réalisé par les constructeurs européens ces dernières années.

 

Pour les entreprises

Avant la crise du COVID-19, la baisse des aides prévue pour les entreprises souhaitant passer leur flotte à l’électrique ne faisait rien présager de bon pour elles avec la peur de voir le Total Cost of Ownership (TCO) devenir moins intéressant que celui des véhicules thermiques. La relance du secteur automobile, qui pourrait, et devrait intervenir après la crise, serait une aubaine pour ces entreprises.

Dans son rapport, l’AVERE propose d’aider les entreprises à rétablir leur trésorerie via une fiscalité incitative avec notamment l’augmentation de l’amortissement des véhicules électriques acquis dans l’année qui suit le confinement ou encore exonérer la TVA pour les services de recharge électrique. Autre mesure forte proposée, le rétablissement du bonus écologique à 6000€ pour les entreprises. Ce bonus était destiné à baisser jusqu’à disparaitre en 2022.

Ces mesures viendraient encourager le passage au flotte électrique et ainsi booster le segment électrique de l’industrie automobile.

Pour plus de détails, nous vous invitions à consulter l’article de l’AVERE-France en cliquant ICI.

 

Pour les particuliers

Une relance verte doit concerner tous les acteurs économiques. Les particuliers sont de plus en plus soucieux de l’avenir environnemental de la planète et c’est ce que montre la consultation lancée par WWF, la croix rouge et Meg.org qui évoque la place de l’environnement et d’autres sujets pour l’idée du « monde d’après ».

Il semblerait que le gouvernement et plus particulièrement Bruno Le Maire planchent sur une relance en maintenant le bonus écologique, la prime à la conversion mais aussi en ajustant la TVA selon la motorisation du véhicule. Ainsi, les véhicules électriques bénéficieraient logiquement d’une TVA avantageuse contrairement aux véhicules thermiques. Cela peut nous faire penser que le point de croisement du prix d’achat entre la courbe des véhicules électriques et celle des véhicules thermiques pourrait arriver plus rapidement que prévu.

 

Accroitre le nombre de bornes de recharge

La relance du secteur automobile via la relance des véhicules électriques (VE) rechargeables ? OK. Néanmoins, sans accompagnement, c’est-à-dire une hausse des points de recharges, c’est comme jeter une pierre dans l’eau car l’un des enjeux du développement du parc automobile électrifié c’est de faire corréler VE et bornes de recharge. Pour découvrir les aides qui existent déjà, nous vous invitions à lire notre article  » aides à l’installation de vos bornes de recharge » en cliquant ici.

La première idée c’est qu’il va falloir faciliter les démarches liées au droit à la prise en copropriété. Bien qu’il existe aujourd’hui, les démarches peuvent sembler longues et par conséquent, décourageantes. Certaines personnes attendent l’aboutissement de leurs démarches depuis plus de 2ans. Il va falloir identifier la source de ce problème afin de le régler au plus vite afin d’encourager l’achat de VE pour les personnes en copropriété.

De plus, l’AVERE-France propose que les territoires et opérateurs ayant investi les premiers dans des équipements de recharge soient aidés dans l’optique de moderniser leurs bornes afin qu’elles soient conformes aux dernières exigences réglementaires.

         Relancer le secteur automobile en encourageant la transition énergétique et environnementale semble tout à fait logique et cohérent. Les zones d’ombres résident maintenant dans les actions qu’il va falloir prendre pour que cette relance soit des plus efficaces. La production (l’offre) a été stoppé pour éviter de créer des stocks et les agents économiques (la demande) souffrent des conséquences économiques de cette crise. Ainsi, l’offre ne devrait pas avoir trop de difficultés à repartir à condition d’encourager la demande. Dans l’espoir que les idées de Keynes, avec au coeur la transition énergétique, viennent secourir et donner une nouvelle impulsion au secteur automobile.

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Cet article a été écrit par lucarossini

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