Dans un monde où les enjeux environnementaux et économiques sont de plus en plus pressants, l’agrivoltaïsme s’impose comme une solution innovante. Cette pratique consiste à combiner la production agricole et la production d’énergie solaire sur un même terrain, offrant ainsi une double valorisation des surfaces agricoles. Un modèle qui attire de plus en plus d’exploitants agricoles désireux de diversifier leurs revenus tout en contribuant à la transition énergétique.
Définition légale de l’agrivoltaïsme en France
Depuis le décret du 8 juillet 2023, pris en application de la loi d’accélération des énergies renouvelables, l’agrivoltaïsme dispose enfin d’une définition légale précise en France. Une installation agrivoltaïque doit satisfaire à plusieurs critères cumulatifs : la production agricole doit rester l’activité principale du site, l’installation photovoltaïque doit apporter un service direct à l’exploitation agricole (protection contre les aléas climatiques, amélioration du bien-être animal, adaptation au changement climatique), et le revenu agricole ne doit pas être significativement diminué par rapport à une exploitation sans panneaux solaires. Ce cadre légal distingue clairement l’agrivoltaïsme des centrales au sol sur terres agricoles, qui ne remplissent pas ces critères de service à l’agriculture.
Les critères de maintien de l’activité agricole
Pour être qualifié d’agrivoltaïque, un projet doit démontrer que l’activité agricole est maintenue et non marginalisée. Le décret prévoit des indicateurs de suivi permettant de vérifier que les rendements agricoles ne sont pas dégradés de façon significative par rapport à une parcelle témoin sans panneaux. Un suivi agronomique annuel est obligatoire pour les installations soumises à autorisation. En cas de non-respect de ces indicateurs, l’exploitant peut être contraint de déposer les panneaux.
Les types d’installations agrivoltaïques
Plusieurs configurations techniques permettent d’associer agriculture et photovoltaïque :
- Serres photovoltaïques : les panneaux sont intégrés à la toiture de la serre, protégeant les cultures des intempéries tout en produisant de l’électricité.
- Ombrières agrivoltaïques : structures surélevées permettant la culture ou le pâturage en dessous des panneaux, avec un dégagement suffisant pour le passage des engins agricoles.
- Installations en interrangs : les panneaux sont disposés entre les rangées de cultures (vignes, arboricultres), réduisant le stress hydrique des plantes en période de forte chaleur.
- Trackers agrivoltaïques : les panneaux mobiles peuvent être orientés pour doser l’ombrage en fonction des besoins des cultures et des saisons.
Les cultures adaptées à l’agrivoltaïsme
De nombreuses cultures bénéficient d’un ombrage partiel, notamment dans le contexte du changement climatique et des épisodes de chaleur extrême de plus en plus fréquents. La vigne, le maraîchage sous abri, les cultures fourragères, les petits fruits (framboises, myrtilles), les herbes aromatiques et certaines céréales se prêtent bien à l’agrivoltaïsme. L’élevage ovin sous panneaux est également une pratique répandue, les animaux trouvant ombre et fraîcheur sous les structures.
Les revenus complémentaires pour les agriculteurs
L’agrivoltaïsme ouvre aux exploitants une nouvelle source de revenus stables et prévisibles sur 20 à 30 ans. Selon la configuration du projet, l’agriculteur peut percevoir un loyer versé par le développeur photovoltaïque, des revenus issus de la vente directe de l’électricité produite en autoconsommation, ou une combinaison des deux. Ces revenus complémentaires peuvent représenter plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros par an selon la surface et la puissance installée.
Démarches pour un projet agrivoltaïque
Un projet agrivoltaïque nécessite une étude de faisabilité technique, agronomique et réglementaire, suivie d’un dossier de demande d’autorisation auprès de la préfecture (autorisation environnementale ou déclaration selon la puissance). La consultation de la chambre d’agriculture est obligatoire. Le montage financier intègre généralement un contrat d’achat EDF OA ou un contrat de vente directe (PPA), qui sécurise les revenus sur la durée.
Le label AgriVoltaïsme
Le label AgriVoltaïsme, développé par l’Institut Agro et ses partenaires, vise à certifier les projets qui respectent effectivement les principes de l’agrivoltaïsme. Ce référentiel indépendant garantit aux agriculteurs, aux collectivités et aux citoyens que l’installation solaire apporte bien un bénéfice documenté à l’agriculture et ne constitue pas un simple habillage pour une centrale au sol classique.